Fantaisie SlamGrrraph(i)esque II
ça y est. Je l’ai donné…
Encore en pleine conversation avec Yoan et Charlotte (sur l’écriture justement !), j’avais une légère envie de petit pipi. Mais c’était son heure…
Allais-je encore la louper ?
Ni tenant plus, je me suis dirigé vers les toilettes, et vu à 20 mètres, arrivant comme une « bombe ». Le temps de chopper mon colis, j’ouvre la porte, lui dit deux fois « s’il vous plaît » puis un « ce n’est rien ». Au premier, elle s’est retournée, au deuxième et en voyant mon « transport » m’a sorti une tête a me réveiller de tout fantasme. Une moue de dégoût à te faire comprendre que si tu la touche de tes miasmes, elle en crève sur place. Un peu déçus d’avoir imprimé cette vision dans mon céphalo-cortex…
Baste au « ce n’est rien », elle l’a pris mon petit colis. J’ai tourné les talons, elle aussi. C’est fini.
Voilà c’est fait, je lui ai remis ma Fantaisie SlamGrrraph(i)esque. Rien un texte qui parle plus de moi et de l’air du temps qu’une ode à cette possible muse. Je ne lui demande aucun retour. Rien.
Je suis libre honnête et droit.
Enfin je m’en persuade…
09/07/07.
Amaende.
PS : Le lendemain elle est passé tout pareil, un portable à l’oreille…
PPS : le texte :
« S’il vous plaît ? Bonjour. Merci ! ».
Car je ne vous l’ai jamais dit.
J’en aurais le pur souvenir, sûr.
Et pourtant quand vous passez et repasser devant mes yeux qui se croyaient déjà fatigués, il me semble que depuis toujours, je vous connais.
Non, non, je vous en prie ne vous arrêtez pas. Continuez. Ne ralentissez pas l’allure (et quelle !) de vos pas. Sauf en cas d’urgence humanitaire, laissez moi. …continuer.
Je suis bien sur mon canapé d’emprunt. J’y vis enfin, lis beaucoup, et regarde par la vitrine jaunie. C’est ma parenthèse du soir. Certains se font couler un bain, moi une mousse. La petitesse de mon chez-moi fond canapé, lit et salle à (garde !) manger. L’amplitude des températures n’y favorise guère le calme, et les voisins y sont plus collant que les visiteurs qui s’amassent ici, au zinc.
Certes, si vous lissez ces lignes. [Attention ce n’est ni une déclaration, ni une capitulation (…). C’est juste un jeu d’écriture qui peut me révéler pauvre d’humanité, comme tout autant riche de grâce et de beauté captivéE… Ou inversement. Suffit de savoir compter jusqu’à trois.].
Donc si vous lisez ces lignes (et ce jusqu’au bout), vous saurez. Oui ma pose quotidienne à pour univers parallèle ces seize mètres carrés et demi de troquet.
Mais bon, suffit de parler de moi ! Vous ne ressemblez pas à mon psy Azerty. Oui, vous l’aviez peut-être deviné. J’écris beaucoup. C’est pas moi, en fait. Se sont ces maux qui sortent tout seuls. Des semaines, des journées, des nuits (les plus puissants et malé-faméliques ne sortent que la nuit !), ils tournent en moi. Des mois, d’émois, de moi… Parfois ça raisonne à couvrir mes propres battements d’aile de cœur ! Alors ils sortent par le bout de mes trois doigts sur ce noir clavier de PC. A force, je m’y suis simplement résigné si je ne veux pas manger froid, somnoler, louper l’embauche, ou négliger les autres organes de mon corps…
Je crois que si je leur naisse pas ces trois micro-embouchures, ils me tatoueraient moi aussi comme les murs de (ma) CarK’vane. On a même vu ces messieurs-dames du dictionnaire retapisser l’intégrale du bar d’où je vous aperçois quasi-quotidiennement ! Plus d’un moi(s) que ça a duré cette histoire ! Je n’étais plus nulle part chez moi ! Heureusement que mes compatissants confrères de comptoir se se les ont appropriés en bonne partie pour, que mieux, m’en délivrer…
Enfin voilà j’écris. Oh rien. Rien que pour moi. Si j’ai édité un jour un livre, ce n’est même pas à compte d’auteur. Juste des photocopies, car je n’avais de compte à régler qu’avec moi-même. Après, j’ai bien quelques e-lecteurs assidus, mais sûrement parce qu’ils sont connectés en haut débit, alors forcément c’est dur d’avoir un bon filtre à la sortie de ce tel robinet… Reste alors les spectateurs de mes expo. Mais dans les bars on ne trouve que d’autres poètes, alors là aussi, ça ne compte pas… Manquerait plus que ça les pousse à faire de même, et a se reproduire !
Non, non, que ce soit bien clair : Je n’écris que pour ma petite pomme.
Mais là devant vous. Oui vos fugitifs passages tracent quotidiennement en moi une persistance rétinienne à laquelle je suis forcé de lutter. Normalement on dit « contre », mais là c’est impossible. Et d’ailleurs je ne veux peut-être pas… Donc je lutte. …dans mon style.
Mais là, devant vous, c’est impossible.
Alors je me force. Réveil calé à 5H04 pour la brosse à dent avant l’embauche, MON clavier, la nuit embrassant la fraîche et mes trois doigts. Je mange quand j’ai accouché ou vomi. OK ? Feu !
« Et oh ?
S’il vous plaît ?
Y’a quelqu’un ? (ndlr : traduire : « il n’y a plus personne ou quoi ! »)
(…)
Faut que vous sortiez les gars !
Si non je viens vous chercher un par un ! »
Mais là rien ! J’aimerais comme à mon habitude, partir avec mes mots-valises vers de nouvelles terres. Assujettir la Sollicitude des Assonances afin qu’elle m’offre l’accès aux mots arables. Malmener les Métaphores afin qu’elles me confient le Grand Secret de l’Ecrit qui me permettra de tricoter les dicos et slamer les langues afin de soigner tous les Maux-Mots. Faudrait aussi, mais ce n’est pas trop ma nature, occire ces Obsolètes d’Oxymorons pourtant toujours de triste actualité… Mais là, je compte sur ma petite expérience pour leur faire une chausse trappe de Jarnac afin de pouvoir rentrer au pays les coffres pleins de phrases au goût de miel et autres épices inconnues. Quel banquet, une fois rentré !
Mais.
Mais je tourne en rond…
En rond, en rond de cuir, de pauvre scribouillard, que je ne suis même pas. Brave homme qui lorsque mère est couchée, sort un cahier d’écolier pour tenter de charmer l’indicible Muse.
Le MOT est lâché !
Le premier.
Ça y est c’est parti !
Non.
Je manque de matière. De motivation(s). De ce premier mot. Simplement…
C’est là, que je me dois de préciser, pour toutes gênes dissiper :
Je n’ai aucune prétention.
Malheureusement j’ai déjà donné. Un jour je me suis vu pris au piège comme l’araignée des baignoires. En fait, j’y étais depuis bien un an, au bord de la bonde. Après 4 ans à la fraîche ombre du pommier de ma blonde… Pour m’en sortir, je me suis transformé en mathématicien…. Car si 1+1, ou du moins : Une plus moi n’égalaient plus rien, autant auto-soustraire le deuxième et aller mourir seul un peu plus loin…Pour la petite histoire de croquer la pomme, où j’en suis resté la poire, je lui avais construit une prison dorée… Je l’ai libéréE. Point.
(…)
C’est ainsi que j’ai fait étape par ici, l’automne dernier.
Etape, car il semblerait que je sois déjà parti. Oui octobre. Novembre… Ma maison sur roulette m’emportera vers d’autres lieux, à défaut d’autres vendanges… …de mots !
Mais revenons à mon propos.
Si j’en ais un.
(…)
re (…).
Non.
Je n’en ai pas mieux.
FIN.
En cas de doute :
J’ai pour devise « Ni merci, ni pardon : faire mieux ! » …la prochaine fois. Je vous le garantis donc.
Mais je tiens quand même à vous dire Merci, et si vous ne devinez pas pourquoi, moi je le sais. Mieux que vous… Il me semble…
Quant à mon Pardon, il a la même valeur que le votre face aux innocents. Innocents de toute sorte. Même les plus étranges, non ?
Voilà.
« S’il vous plaît ? Bonjour. Merci ! ».
Je viens de vous le dire.
..et j’en reste libre, honnête et droit.
…et encore plus content, aussi, sûrement !